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20/06/1995 | FRANCE | N°93-15510

France | France, Cour de cassation, Chambre civile 1, 20 juin 1995, 93-15510


Attendu, selon les énonciations des juges du fond que M. Y... a acquis de M. X... un voilier par l'intermédiaire de son mandataire, la société Nauti Camargue ; qu'il a constaté quelques jours après l'achat l'existence d'un cloquage affectant la coque ; qu'un expert a été désigné en référé ; que le rapport a révélé que la carène présentait des symptômes d'attaque de gel coat, ce qui n'a été visible qu'après élimination de nombreuses couches de peinture, et qu'il s'agissait d'un vice caché ; que M. Y... a alors assigné M. X... et la société Nauti Camargue en réparatio

n de ses préjudices ;

Sur le moyen unique pris en ses deux branches :

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Attendu, selon les énonciations des juges du fond que M. Y... a acquis de M. X... un voilier par l'intermédiaire de son mandataire, la société Nauti Camargue ; qu'il a constaté quelques jours après l'achat l'existence d'un cloquage affectant la coque ; qu'un expert a été désigné en référé ; que le rapport a révélé que la carène présentait des symptômes d'attaque de gel coat, ce qui n'a été visible qu'après élimination de nombreuses couches de peinture, et qu'il s'agissait d'un vice caché ; que M. Y... a alors assigné M. X... et la société Nauti Camargue en réparation de ses préjudices ;

Sur le moyen unique pris en ses deux branches :

Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt attaqué (Nimes, 30 mars 1993) d'avoir débouté M. Y... de sa demande en réparation dirigée contre la société Nauti Camargue, alors, selon le moyen, que d'une part, le mandataire est responsable personnellement envers les tiers lésés des délits et quasi-délits qu'il commet dans l'accomplissement de sa mission ; qu'en sa qualité de mandataire professionnel du vendeur, la société Nauti Camargue était tenue d'un devoir de conseil envers l'acquéreur ; qu'en décidant le contraire et en refusant de qualifier de quasi délictuelle la faute commise par la société Nauti Camargue pour ne pas avoir recherché l'existence de vices pouvant affecter le navire, faute expressément constatée par l'arrêt, la cour d'appel a violé les articles 1382 et 1383 du Code civil ; alors que, d'autre part, les clauses limitatives ou de non-responsabilité quasi délictuelle sont nulles eu égard au caractère d'ordre public des articles 1382 et 1383 du Code civil ; que, dès lors, en retenant la validité de la clause insérée dans l'acte de vente excluant tout recours de M. Y..., acquéreur d'un voilier, contre le mandataire du vendeur, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

Mais attendu qu'abstraction faite du motif justement critiqué par la deuxième branche du moyen, qui est surabondant, la cour d'appel a pu juger que l'absence de recherche de vices cachés pouvant affecter le bien qu'elle était chargée de vendre ne constituait pas pour la société mandataire une faute envers l'acquéreur ;

D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi.


Synthèse
Formation : Chambre civile 1
Numéro d'arrêt : 93-15510
Date de la décision : 20/06/1995
Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Civile

Analyses

1° MANDAT - Vente - Mandataire du vendeur - Rapports avec l'acquéreur - Faute délictuelle ou quasi délictuelle - Clause excluant tout recours contre le mandataire - Validité (non).

1° MANDAT - Mandataire - Responsabilité - Responsabilité délictuelle ou quasi délictuelle - Contrat de vente - Clause excluant tout recours de l'acquéreur contre le mandataire du vendeur - Validité (non) 1° RESPONSABILITE DELICTUELLE OU QUASI DELICTUELLE - Vente - Mandataire - Mandataire du vendeur - Rapports avec l'acquéreur - Clause excluant tout recours contre le mandataire (non).

1° N'est pas valable la clause insérée dans un acte de vente, excluant tout recours de l'acquéreur, contre le mandataire du vendeur, pour sa responsabilité quasi délictuelle.

2° MANDAT - Mandataire - Responsabilité - Responsabilité du mandataire du vendeur à l'égard de l'acquéreur - Faute - Absence de recherche des vices cachés de la chose vendue (non).

2° MANDAT - Mandataire - Obligations - Mandataire du vendeur - Obligation de rechercher les vices cachés de la chose vendue (non) 2° VENTE - Intermédiaire - Mandataire - Mandataire du vendeur - Faute envers l'acquéreur - Absence de recherche des vices cachés de la chose vendue (non).

2° Ne constitue pas une faute du mandataire du vendeur envers l'acquéreur, le fait de ne pas rechercher les vices cachés pouvant affecter le bien qu'il est chargé de vendre.


Références :

Décision attaquée : Cour d'appel de Nîmes, 30 mars 1993


Publications
Proposition de citation : Cass. Civ. 1re, 20 jui. 1995, pourvoi n°93-15510, Bull. civ. 1995 I N° 270 p. 187
Publié au bulletin des arrêts des chambres civiles 1995 I N° 270 p. 187

Composition du Tribunal
Président : Président : M. Grégoire, conseiller doyen faisant fonction. .
Avocat général : Avocat général : M. Lesec.
Rapporteur ?: Rapporteur : M. Chartier.
Avocat(s) : Avocats : MM. Parmentier, Hémery.

Origine de la décision
Date de l'import : 14/10/2011
Fonds documentaire ?: Legifrance
Identifiant ECLI : ECLI:FR:CCASS:1995:93.15510
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