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14/06/1988 | FRANCE | N°86-12803

France | France, Cour de cassation, Chambre commerciale, 14 juin 1988, 86-12803


Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué (Angers, 20 janvier 1986) que les époux X... ont vendu un immeuble à la société Etablissements Michel (la société Michel) et qu'à la suite de la mise en liquidation des biens de la société X... et fils (la société X...) dont M. Henri X..., covendeur de l'immeuble, était le gérant, puis de la mise en liquidation des biens personnelle de celui-ci en application de l'article 100 de la loi du 13 juillet 1967, M. Y..., syndic des deux procédures collectives, mais agissant en sa qualitÃ

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Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué (Angers, 20 janvier 1986) que les époux X... ont vendu un immeuble à la société Etablissements Michel (la société Michel) et qu'à la suite de la mise en liquidation des biens de la société X... et fils (la société X...) dont M. Henri X..., covendeur de l'immeuble, était le gérant, puis de la mise en liquidation des biens personnelle de celui-ci en application de l'article 100 de la loi du 13 juillet 1967, M. Y..., syndic des deux procédures collectives, mais agissant en sa qualité de syndic de la liquidation des biens de la société X..., a assigné la société Michel pour voir déclarer inopposable à la masse, sur le fondement de l'article 29 de la loi précitée, la vente intervenue ; que le tribunal ayant déclaré l'action du syndic irrecevable sur ce fondement, M. Y..., après avoir interjeté appel de cette décision, a fait signifier des conclusions d'intervention volontaire en qualité de syndic de la liquidation des biens personnelle de M. X... ;

Attendu que le syndic fait grief à l'arrêt de l'avoir déclaré irrecevable en son intervention en cette dernière qualité alors, selon le pourvoi, d'une part, qu'ayant demandé en première instance, en qualité de syndic de la liquidation des biens de la société à responsabilité limitée
X...
, l'inopposabilité de la vente litigieuse passée par M. Henri X... à la masse des créanciers de la liquidation des biens de celui-ci, M. Y... qui a repris cette même demande en cause d'appel, mais en agissant cette fois en qualité de syndic de la liquidation des biens personnelle de M. X..., a soumis à la cour d'appel une demande ayant le même objet et tendant aux mêmes fins que celle qu'il avait présentée en première instance sous une autre qualité ; que dès lors, en retenant que l'intervention de M. Y... en qualité de syndic de la liquidation des biens personnelle de M. X... constituait une demande nouvelle, irrecevable en cause d'appel, la cour d'appel a violé les articles 554, 565 et 566 du nouveau Code de procédure civile, et alors, d'autre part, qu'en ne recherchant pas si, en demandant en première instance, sur le fondement de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1967, l'inopposabilité de la vente passée par M. X..., à la masse des créanciers, M. Y... avait ainsi demandé l'inopposabilité de l'acte litigieux à la masse des créanciers de la liquidation des biens de la société à responsabilité limitée
X...
ou à la masse des créanciers de la liquidation des biens de M. X..., et en ne constatant donc pas quel avait été l'objet de la demande de première instance, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard des articles 554, 565 et 566 du nouveau Code de procédure civile ;

Mais attendu qu'après avoir constaté que la cause portée devant les juges du premier degré opposait la société Michel à la masse des créanciers de la société X..., tandis que l'intervention en cause d'appel de M. Y... en qualité de syndic de la liquidation des biens personnelle de M. Henri X... tendait à opposer la société Michel à la masse des créanciers de cette seconde procédure collective et qu'il n'existait aucune confusion de patrimoine entre les deux débiteurs, l'arrêt retient à bon droit que l'intervention avait pour objet de soumettre à la cour d'appel un autre litige que celui qui lui était déféré par la voie de l'appel ; qu'en déduisant de ces constatations que l'intervention du syndic s'analysait en une demande nouvelle qui n'avait pas subi l'épreuve du premier degré de juridiction, la cour d'appel a légalement justifié sa décision d'irrecevabilité ; d'où il suit que le moyen n'est fondé en aucune de ses branches ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi


Synthèse
Formation : Chambre commerciale
Numéro d'arrêt : 86-12803
Date de la décision : 14/06/1988
Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Commerciale

Analyses

APPEL CIVIL - Demande nouvelle - Définition - Intervention - Intervenant formant une demande étrangère au litige originaire

PROCEDURE CIVILE - Intervention - Intervention volontaire - Intervention en appel - Conditions - Demande non étrangère au litige originaire

L'intervention volontaire, en cause d'appel, du syndic de la liquidation des biens personnelle d'un dirigeant social dans un litige ayant opposé, en première instance, le même syndic, mais agissant en sa qualité de syndic de la liquidation des biens de la société, à une tierce personne doit s'analyser en une demande nouvelle n'ayant pas subi l'épreuve du premier degré de juridiction ; dès lors c'est à bon droit que la cour d'appel déclare irrecevable une telle intervention .


Références :

Décision attaquée : Cour d'appel d'Angers, 20 janvier 1986

A RAPPROCHER : Chambre commerciale, 1984-01-04 Bulletin 1984, IV, n° 8 (3), p. 6 (cassation partielle), et les arrêts cités.


Publications
Proposition de citation : Cass. Com., 14 jui. 1988, pourvoi n°86-12803, Bull. civ. 1988 IV N° 197 p. 137
Publié au bulletin des arrêts des chambres civiles 1988 IV N° 197 p. 137

Composition du Tribunal
Président : Président :M. Baudoin
Avocat général : Avocat général :M. Montanier
Rapporteur ?: Rapporteur :Mme Pasturel
Avocat(s) : Avocat :la SCP Riché, Blondel et Thomas-Raquin .

Origine de la décision
Date de l'import : 14/10/2011
Fonds documentaire ?: Legifrance
Identifiant ECLI : ECLI:FR:CCASS:1988:86.12803
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