La jurisprudence francophone des Cours suprêmes


recherche avancée

15/06/1993 | FRANCE | N°90-19592

§ | France, Cour de cassation, Chambre commerciale, 15 juin 1993, 90-19592


Attendu qu'il résulte de l'arrêt déféré (Paris, 29 mai 1990), qu'en exécution d'une convention du 1er juin 1982, la Banque générale de crédit et de participation (SAGA) créditait le compte courant de la société Socodi d'un montant égal à la valeur en principal des contrats souscrits par les acquéreurs de livres vendus à crédit par cette société et, en contrepartie, était subrogée dans tous les droits de celle-ci sur ses clients ; qu'un litige est né au sujet des intérêts et commissions que payaient les acquéreurs et dont la société Socodi a réclamé la restitution,

au moins partielle, à la SAGA ;

Sur le premier moyen : (sans intérêt) ;

Su...

Attendu qu'il résulte de l'arrêt déféré (Paris, 29 mai 1990), qu'en exécution d'une convention du 1er juin 1982, la Banque générale de crédit et de participation (SAGA) créditait le compte courant de la société Socodi d'un montant égal à la valeur en principal des contrats souscrits par les acquéreurs de livres vendus à crédit par cette société et, en contrepartie, était subrogée dans tous les droits de celle-ci sur ses clients ; qu'un litige est né au sujet des intérêts et commissions que payaient les acquéreurs et dont la société Socodi a réclamé la restitution, au moins partielle, à la SAGA ;

Sur le premier moyen : (sans intérêt) ;

Sur le second moyen :

Attendu que la société Socodi fait encore grief à l'arrêt d'avoir statué comme il a fait, alors, selon le pourvoi, que le mécanisme de la subrogation ne saurait être le soutien d'une spéculation, qu'à cet égard, le solvens n'est subrogé que dans la mesure de ce qu'il a payé, ainsi qu'elle le rappelait dans ses conclusions, qu'il était constant que la SAGA ne la créditait que du montant du principal des livres achetés ; qu'il en résultait donc que la SAGA ne pouvait être subrogée dans ses droits contre les clients que de ce seul montant, et ne pouvait donc sur le fondement de la subrogation conserver le montant des commissions et intérêts qui devaient lui revenir, sous réserve d'une juste rémunération, d'où il suit qu'en rejetant sa demande de restitution des intérêts et commissions, la cour d'appel a violé l'article 1249 du code civillegifrance ;

Mais attendu qu'après avoir relevé que la SAGA créditait le compte courant de la société Socodi d'un montant égal à la valeur en principal des contrats souscrits par les clients et qu'en contrepartie elle était subrogée dans les droits de cette société, ce dont il ne résultait pas que la conservation des intérêts était la conséquence de la subrogation, c'est dans l'exercice de son pouvoir souverain d'interprétation de la volonté des parties que la cour d'appel a retenu que celles-ci avaient convenu que la rémunération de la SAGA serait constituée par les intérêts et commissions dus par les clients de la société Socodi ; que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi.


Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Commerciale

Analyses

SUBROGATION - Effets - Effet translatif - Limite - Convention entre une banque et son client - Principal payé par le banquier subrogé - Intérêts conservés - Conséquence de la subrogation (non) - Interprétation de la volonté des parties.

Il ne résulte pas de la convention, en exécution de laquelle une banque crédite le compte courant d'un de ses clients d'un montant égal à la valeur en principal des contrats souscrits par les acquéreurs de produits vendus à crédit par le titulaire du compte et, en contrepartie, est subrogée dans tous les droits de celui-ci sur ses propres clients, que la conservation des intérêts soit la conséquence de la subrogation. Dès lors, en présence d'une telle convention, une cour d'appel peut retenir, dans l'exercice de son pouvoir souverain d'interprétation de la volonté des parties, que celles-ci ont convenu que la rémunération de la banque serait constituée par les intérêts et commissions dus par les clients du titulaire du compte.


Références
A RAPPROCHER : Chambre civile 1, 1981-01-13, Bulletin 1981, I, n° 12 (1), p. 9 (cassation partielle).

Références
Décision attaquée : Cour d'appel de Paris, 29 mai 1990


Publications
Proposition de citation: Cass. Com., 15 juin 1993, pourvoi n°90-19592, Bull. civ. 1993 IV N° 256 p. 181
Publié au bulletin des arrêts des chambres civiles 1993 IV N° 256 p. 181
RTFTélécharger au format RTF
Composition du Tribunal
Président : Président : M. Bézard .
Avocat général : Avocat général : M. de Gouttes.
Rapporteur ?: Rapporteur : M. Dumas.
Avocat(s) : Avocats : M. Garaud, la SCP Le Bret et Laugier.

Origine de la décision
Formation : Chambre commerciale
Date de la décision : 15/06/1993
Date de l'import : 14/10/2011

Fonds documentaire ?: Legifrance


Numérotation
Numéro d'arrêt : 90-19592
Numéro NOR : JURITEXT000007030831 ?
Numéro d'affaire : 90-19592
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.cassation;arret;1993-06-15;90.19592 ?
Association des cours judiciaires suprmes francophones
Organisation internationale de la francophonie
Juricaf est un projet de l'AHJUCAF, l'association des Cours suprêmes judiciaires francophones. Il est soutenu par l'Organisation Internationale de la Francophonie. Juricaf est un projet de l'AHJUCAF, l'association des Cours suprêmes judiciaires francophones. Il est soutenu par l'Organisation Internationale de la Francophonie.