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13/11/1990 | FRANCE | N°89-15841

France | France, Cour de cassation, Chambre commerciale, 13 novembre 1990, 89-15841


Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Attendu que M. X..., qui exerçait les fonctions de gérant de la société à responsabilité limitée Demeures du pays (la société), mise en redressement judiciaire puis en liquidation judiciaire, fait grief à l'arrêt confirmatif attaqué (Douai, 16 mars 1989) de l'avoir condamné à supporter les dettes sociales, d'un montant de 850 000 francs et d'avoir ouvert à son égard une procédure de redressement judiciaire en application de l'article 182, 4°, de la loi du 25 janvier 1985, aux motifs, selon le pourvoi, que M. X... avait

fait financer par la société des investissements conséquents et aurait ...

Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Attendu que M. X..., qui exerçait les fonctions de gérant de la société à responsabilité limitée Demeures du pays (la société), mise en redressement judiciaire puis en liquidation judiciaire, fait grief à l'arrêt confirmatif attaqué (Douai, 16 mars 1989) de l'avoir condamné à supporter les dettes sociales, d'un montant de 850 000 francs et d'avoir ouvert à son égard une procédure de redressement judiciaire en application de l'article 182, 4°, de la loi du 25 janvier 1985, aux motifs, selon le pourvoi, que M. X... avait fait financer par la société des investissements conséquents et aurait dû procéder dès le mois de septembre 1986, époque à laquelle était apparue une perte de 463 215 francs, au dépôt du bilan social et non le 29 février 1987, date de son dépôt effectif, poursuivant ainsi et dans son seul intérêt personnel une exploitation déjà déficitaire depuis un an, alors, d'une part, que la cour d'appel a ainsi laissé sans réponse le moyen tiré par les conclusions de M. X... de ce que les difficultés de l'entreprise provenaient en réalité d'une conjoncture très défavorable ; et alors, d'autre part, que la sanction des dirigeants sociaux supposant un lien de causalité entre leurs fautes de gestion et l'insuffisance d'actif de la personne morale, l'arrêt n'a pas tiré de ses propres constatations les conséquences qui s'imposaient en condamnant, par voie de confirmation, le gérant à combler l'entier passif ; qu'ainsi l'arrêt procède d'une violation des articles 180, alinéa 1er et 182 de la loi du 25 janvier 1985 et 455 du nouveau Code de procédure civile ;

Mais attendu que l'arrêt retient, par motifs adoptés des premiers juges, qu'en finançant au cours de l'année 1985, sur la trésorerie de l'entreprise, des travaux dans un local dont celle-ci n'était pas propriétaire et pour un montant sans proportion avec la situation financière de la société dans l'espoir d'un prêt bancaire qui, finalement, ne lui avait pas été accordé, M. X... avait commis une imprudence ayant contribué directement à la déconfiture de la société avec une insuffisance d'actif et qu'il avait, en outre, dans son intérêt personnel, poursuivi, tout au long de l'année 1986, une exploitation qui s'était révélée déficitaire puisque les pertes s'étaient élevées à 463 215 francs au 31 août 1986 et à 230 144 francs entre cette dernière date et le 29 février 1987 ; que la cour d'appel, qui a ainsi répondu aux conclusions invoquées, a pu décider que M. X... avait commis une faute de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif, et, dès lors, n'a fait qu'user de ses pouvoirs en le condamnant à payer les dettes sociales et en ouvrant à son égard une procédure de redressement judiciaire ; que le moyen n'est donc fondé en aucune de ses branches ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi


Synthèse
Formation : Chambre commerciale
Numéro d'arrêt : 89-15841
Date de la décision : 13/11/1990
Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Commerciale

Analyses

ENTREPRISE EN DIFFICULTE (loi du 25 janvier 1985) - Redressement et liquidation judiciaires - Personne morale - Dirigeants sociaux - Paiement des dettes sociales - Faute de gestion - Constatations suffisantes

SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE - Redressement et liquidation judiciaires - Passif - Paiement des dettes sociales - Gérant - Faute de gestion - Constatations suffisantes

ENTREPRISE EN DIFFICULTE (loi du 25 janvier 1985) - Redressement et liquidation judiciaires - Personne morale - Dirigeants sociaux - Redressement judiciaire - Cas - Poursuite d'une exploitation déficitaire dans un intérêt personnel - Constatations suffisantes

SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE - Redressement judiciaire - Extension au gérant - Cas - Poursuite d'une exploitation déficitaire dans un intérêt personnel - Constatations suffisantes

Ayant retenu que le gérant d'une société à responsabilité limitée avait commis une imprudence ayant contribué directement à la déconfiture de celle-ci avec une insuffisance d'actif et qu'il avait, en outre, dans son intérêt personnel, poursuivi une exploitation qui s'était révélée déficitaire, une cour d'appel a pu décider que ce dirigeant avait commis une faute de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif et, dès lors, n'a fait qu'user de ses pouvoirs en le condamnant à payer les dettes sociales et en ouvrant à son égard une procédure de redressement judiciaire.


Références :

Loi 85-98 du 25 janvier 1985

Décision attaquée : Cour d'appel de Douai, 16 mars 1989


Publications
Proposition de citation : Cass. Com., 13 nov. 1990, pourvoi n°89-15841, Bull. civ. 1990 IV N° 276 p. 193
Publié au bulletin des arrêts des chambres civiles 1990 IV N° 276 p. 193

Composition du Tribunal
Président : Président :M. Defontaine
Avocat général : Avocat général :M. Curti
Rapporteur ?: Rapporteur :Mme Pasturel
Avocat(s) : Avocats :M. Hennuyer, la SCP Delaporte et Briard.

Origine de la décision
Date de l'import : 14/10/2011
Fonds documentaire ?: Legifrance
Identifiant ECLI : ECLI:FR:CCASS:1990:89.15841
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