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21/01/1969 | FRANCE | N°68-92117

§ | France, Cour de cassation, Chambre criminelle, 21 janvier 1969, 68-92117


REJET DU POURVOI FORME PAR X... (GEORGETTE), EPOUSE Y..., CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE LYON, EN DATE DU 13 JUIN 1968, QUI L'A CONDAMNEE A DIX-SEPT AMENDES DE 10 FRANCS ET A DES REPARATIONS CIVILES POUR NON-PAYEMENT DE COTISATIONS PATRONALES DUES A LA SECURITE SOCIALE LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 124 ET SUIVANTS, 151 ET SUIVANTS DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE, DU DECRET DU 8 JUIN 1946, ET NOTAMMENT DE SON ARTICLE 145, DU DECRET DU 23 DECEMBRE 1958, DE L'ARTICLE 463 DU CODE DE P

ROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL, ET ...

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (GEORGETTE), EPOUSE Y..., CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE LYON, EN DATE DU 13 JUIN 1968, QUI L'A CONDAMNEE A DIX-SEPT AMENDES DE 10 FRANCS ET A DES REPARATIONS CIVILES POUR NON-PAYEMENT DE COTISATIONS PATRONALES DUES A LA SECURITE SOCIALE LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS TANT EN DEMANDE QU'EN DEFENSE;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 124 ET SUIVANTS, 151 ET SUIVANTS DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE, DU DECRET DU 8 JUIN 1946, ET NOTAMMENT DE SON ARTICLE 145, DU DECRET DU 23 DECEMBRE 1958, DE L'ARTICLE 463 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DE L'ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL, ET DE L'ARTICLE 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIF ET MANQUE DE BASE LEGALE, " EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE LA DEMANDERESSE, GERANTE D'UNE SOCIETE EMPLOYANT UN CERTAIN NOMBRE DE SALARIES, DIX-SEPT AMENDES DE 10 FRANCS POUR NON-PAIEMENT DE COTISATIONS PATRONALES DE SECURITE SOCIALE ET, STATUANT SUR L'ACTION CIVILE, L'A CONDAMNEE A PAYER A L'U R S S A F LA SOMME DE 8325,79 FRANCS EN REPARATION DU PREJUDICE RESULTANT DU NON-PAYEMENT DE CES COTISATIONS;

AU MOTIF QUE SI LES SALAIRES SERVANT DE BASE AUX COTISATIONS RECLAMEES N'AVAIENT PAS ETE PAYES, LA CREANCE DES SALARIES ET CELLE DE LA SECURITE SOCIALE ONT UN FONDEMENT COMMUN ET UNE NAISSANCE CONCOMITANTE;

" ALORS QU'AUX TERMES DES TEXTES PRECITES LE FAIT GENERATEUR DES COTISATIONS EST LA PERCEPTION DES REMUNERATIONS VERSEES EN CONTREPARTIE DU TRAVAIL, D'OU IL RESULTE QUE L'ARRET ATTAQUE, QUI CONSTATAIT QU'AUCUNE REMUNERATION N'AVAIT ETE PAYEE POUR LA PERIODE CONSIDEREE NE POUVAIT DECLARER QUE LES COTISATIONS PATRONALES ETAIENT DUES ";

ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE LA DEMANDERESSE, QUI EST GERANTE DE LA SOCIETE TEXBABY, A OMIS D'ACQUITTER LES COTISATIONS PATRONALES DUES A LA CAISSE DE SECURITE SOCIALE DE LYON POUR DIX-SEPT PERSONNES EMPLOYEES DURANT LES MOIS D'OCTOBRE ET DE NOVEMBRE 1966;

QUE LA PREVENUE A FAIT VALOIR, DEVANT LA COUR D'APPEL, QU'ELLE N'AVAIT VERSE A CES EMPLOYES, EN OCTOBRE, QU'UN ACOMPTE DE 2360 FRANCS ET QU'ELLE A ACQUITTE LES COTISATIONS CORRESPONDANT A CET ACOMPTE;

QUE LES SALAIRES DUS POUR LE MOIS DE NOVEMBRE 1966 N'ONT PAS ETE PAYES;

QUE LA PREVENUE A SOLLICITE SA RELAXE AU MOTIF QUE LES COTISATIONS NE SERAIENT DUES PAR ELLE A LA SECURITE SOCIALE QUE LORSQUE LES REMUNERATIONS AURAIENT ETE EFFECTIVEMENT PERCUES PAR LES SALARIES;

ATTENDU QU'A BON DROIT LA COUR, AYANT ECARTE CETTE ARGUMENTATION, A CONDAMNE LA DEMANDERESSE POUR N'AVOIR PAS PAYE LES COTISATIONS PATRONALES, INFRACTION REPRIMEE PAR L'ARTICLE L 151 DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE;

QU'EN EFFET, S'IL RESULTE DES DISPOSITIONS DES ARTICLES L 119, L 120 ET L 124 DE CE CODE, AINSI QUE DE L'ARTICLE 154 DU DECRET DU 8 JUIN 1946 ET DE L'ARTICLE 1ER DU DECRET DU 25 JANVIER 1961, QUE LES COTISATIONS SONT CALCULEES SUR LE MONTANT DES REMUNERATIONS PERCUES PAR LES SALARIES, L'EMPLOYEUR NE SAURAIT S'EXONERER DE SES OBLIGATIONS ENVERS LA CAISSE DE SECURITE SOCIALE AU PRETEXTE QU'IL S'EST SOUSTRAIT A L'OBLIGATION D'ACQUITTER LES SALAIRES DONT LE PAIEMENT LUI INCOMBAIT;

QUE, D'UNE PART, LE MONTANT DE CES REMUNERATIONS AYANT ETE FIXE, PERMETTAIT DE CALCULER LE TAUX DES COTISATIONS;

QUE, D'AUTRE PART, SI LES COTISATIONS OUVRIERES NE PEUVENT ETRE PRECOMPTEES QUE SUR LES SALAIRES EFFECTIVEMENT VERSES, LES COTISATIONS PATRONALES SONT EXIGIBLES DANS LE DELAI LEGAL, QUELLE QUE SOIT LA DATE DU PAIEMENT DES SALAIRES;

QU'IL S'ENSUIT QUE, LA DECISION DE LA COUR D'APPEL ETANT LEGALEMENT JUSTIFIEE, LE MOYEN N'EST PAS FONDE;

ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME;

REJETTE LE POURVOI PRESIDENT : M ROLLAND, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS RAPPORTEUR : M ESCOLIER AVOCAT GENERAL : M RELIQUET AVOCATS : MM CALON ET GALLAND


Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Criminelle

Analyses

SECURITE SOCIALE - Infractions - Défaut de paiement des cotisations afférentes à des salaires non versés.

SECURITE SOCIALE - Cotisations - Payement - Date d'exigibilité - Cotisations afférentes à des salaires non encore versés.

Les cotisations patronales de sécurité sociale sont exigibles dans le délai légal quelle que soit la date du paiement effectif des salaires (1).


Références
Décision attaquée : DECISION (type)


Publications
Proposition de citation: Cass. Crim., 21 janvier 1969, pourvoi n°68-92117, Bull. crim. N. 41
Publié au bulletin des arrêts de la chambre criminelle N. 41
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Origine de la décision
Formation : Chambre criminelle
Date de la décision : 21/01/1969
Date de l'import : 14/10/2011

Fonds documentaire ?: Legifrance


Numérotation
Numéro d'arrêt : 68-92117
Numéro NOR : JURITEXT000007056291 ?
Numéro d'affaire : 68-92117
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.cassation;arret;1969-01-21;68.92117 ?
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