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20/12/1966 | FRANCE | N°65-92586

France | France, Cour de cassation, Chambre criminelle, 20 décembre 1966, 65-92586


CASSATION SUR LE POURVOI FORME PAR X... (JEAN), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX, EN DATE DU 26 MAI 1965, QUI L'A CONDAMNE POUR ABANDON DE FAMILLE A 200 FRANCS D'AMENDE ET A DES REPARATIONS CIVILES ;

LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT A L'APPUI DU POURVOI ;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 357 - 2° DU CODE PENAL, DE L'ARTICLE 248 DU CODE CIVIL, DES ARTICLES 592 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE X... A 500 FRANCS D'AMENDE ET A UN FRANC DE DOMMAGES ET INTER

ETS ENVERS LA DAME X... ;

AU MOTIF QU'IL S'ETAIT ABSTENU VO...

CASSATION SUR LE POURVOI FORME PAR X... (JEAN), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX, EN DATE DU 26 MAI 1965, QUI L'A CONDAMNE POUR ABANDON DE FAMILLE A 200 FRANCS D'AMENDE ET A DES REPARATIONS CIVILES ;

LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT A L'APPUI DU POURVOI ;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 357 - 2° DU CODE PENAL, DE L'ARTICLE 248 DU CODE CIVIL, DES ARTICLES 592 ET 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE X... A 500 FRANCS D'AMENDE ET A UN FRANC DE DOMMAGES ET INTERETS ENVERS LA DAME X... ;

AU MOTIF QU'IL S'ETAIT ABSTENU VOLONTAIREMENT DE PAYER DURANT PLUS DE DEUX MOIS LA PENSION ALIMENTAIRE MENSUELLE DE 100 FRANCS A LAQUELLE IL AVAIT ETE CONDAMNE ENVERS SON EPOUSE PAR ARRET DE LA COUR DE BORDEAUX EN DATE DU 11 MARS 1963, PRONONCANT LA SEPARATION DE CORPS AU PROFIT DE CETTE DERNIERE ET LE DEBOUTANT DE SA DEMANDE EN DIVORCE, ET QUE LE POURVOI EN CASSATION, QU'IL AVAIT FORME CONTRE LEDIT ARRET ET QUI AVAIT ABOUTI A SA CASSATION LE 23 DECEMBRE 1964, N'AVAIT PAS EU D'EFFET SUSPENSIF EN CE QUI CONCERNE LE PAYEMENT DE LA PENSION ALIMENTAIRE QUI A TOUJOURS UN CARACTERE D'URGENCE, ALORS QUE L'EFFET SUSPENSIF DU POURVOI S'APPLIQUE A TOUTES LES DECISIONS RENDUES DANS LA PROCEDURE DE DIVORCE, A LA SEULE EXCEPTION DE CELLES QUI PRESCRIVENT DES MESURES PROVISOIRES OU QUI SONT ASSORTIES DE L'EXECUTION PROVISOIRE SI BIEN QUE L'ARRET DU 11 MARS 1963 FRAPPE DE POURVOI, PUIS CASSE, NE POUVAIT SERVIR DE FONDEMENT A LA POURSUITE EN ABANDON DE FAMILLE, EN RAISON DU CARACTERE SUSPENSIF DU POURVOI ;

VU LESDITS ARTICLES ;

ATTENDU QU'UN DES ELEMENTS ESSENTIELS DU DELIT D'ABANDON DE FAMILLE, TEL QU'IL EST PREVU ET REPRIME PAR L'ARTICLE 357 - 2° DU CODE PENAL, EST QU'IL EXISTE A LA BASE DE LA POURSUITE CORRECTIONNELLE UNE DECISION DE JUSTICE CIVILE DEFINISSANT L'OBLIGATION DE FAMILLE MISE A LA CHARGE DU PREVENU, ET QUE CETTE DECISION DE JUSTICE AIT ETE LEGALEMENT EXECUTOIRE A LA DATE DES FAITS INCRIMINES, SOIT QU'ELLE FUT DEVENUE DEFINITIVE A CETTE DATE, SOIT QUE SON EXECUTION PROVISOIRE AIT ETE ORDONNEE ;

ATTENDU QUE X... A ETE POURSUIVI POUR ABANDON DE FAMILLE COMME AYANT VOLONTAIREMENT OMIS DE PAYER A SA FEMME EN 1963 ET 1964 LA PENSION ALIMENTAIRE MENSUELLE DE 100 FRANCS MISE A SA CHARGE PAR L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX DU 11 MARS 1963 STATUANT SUR UNE INSTANCE EN SEPARATION DE CORPS ;

QUE BIEN QUE CETTE DECISION DONT L'EXECUTION PROVISOIRE N'AVAIT PAS ETE ORDONNEE AIT ETE FRAPPEE DE POURVOI ET ULTERIEUREMENT CASSEE LE 23 DECEMBRE 1964, LES JUGES D'APPEL ONT PRONONCE NEANMOINS CONDAMNATION CONTRE X... POUR S'ETRE REFUSE DE PAYER JUSQU'A CETTE DATE LA PENSION, AU MOTIF QUE LE POURVOI EN CASSATION N'A PAS D'EFFET SUSPENSIF EN CE QUI CONCERNE LA PENSION ALIMENTAIRE QUI A TOUJOURS UN CARACTERE D'URGENCE ;

MAIS ATTENDU QUE D'UNE PART CE POURVOI EST SUSPENSIF EN MATIERE DE DIVORCE ET DE SEPARATION DE CORPS AUX TERMES DE L'ARTICLE 248 DU CODE CIVIL ET QUE D'AUTRE PART L'ARRET FIXANT LA PENSION ALIMENTAIRE N'AVAIT PAS FAIT APPLICATION DE L'ARTICLE 135A DU CODE DE PROCEDURE CIVILE LUI PERMETTANT D'ORDONNER L'EXECUTION PROVISOIRE EN CE QUI CONCERNAIT LE PAYEMENT DE LA PENSION ;

QUE DES LORS CET ARRET PAR SUITE DU POURVOI FORME NE POUVAIT RECEVOIR EXECUTION DANS AUCUNE DE SES DISPOSITIONS MEME CELLES QUI CONCERNAIENT LA PENSION ALIMENTAIRE ;

QU'EN STATUANT AINSI QU'ILS L'ONT FAIT LES JUGES D'APPEL ONT VIOLE LES TEXTES VISES AU MOYEN ET QUE CELUI-CI DOIT ETRE ACCUEILLI ;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX DU 26 MAI 1965, ET, POUR ETRE STATUE A NOUVEAU, CONFORMEMENT A LA LOI, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE POITIERS. PRESIDENT : M COMTE, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS - RAPPORTEUR : M ROLLAND - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M LYON-CAEN.


Sens de l'arrêt : Cassation
Type d'affaire : Criminelle

Analyses

ABANDON DE FAMILLE - Pension alimentaire - Décision de justice - Caractère exécutoire - Pourvoi en cassation - Effet suspensif.

Un des éléments essentiels du délit d'abandon de famille est qu'il existe à la base de la poursuite correctionnelle une décision de justice civile définissant l'obligation de famille mise à la charge du prévenu et que cette décision de justice ait été légalement exécutoire à la date du fait incriminé. Lorsque la décision ordonnant payement d'une pension a été frappée de pourvoi en cassation, celui-ci ayant effet suspensif, cette décision n'était pas devenue définitive au moment de son exécution, à moins que son exécution provisoire n'ait été ordonnée (1).


Références :

Décision attaquée : DECISION (type)


Publications
Proposition de citation: Cass. Crim., 20 déc. 1966, pourvoi n°65-92586, Bull. crim. Criminel Cour de Cassation Crim. N. 295
Publié au bulletin des arrêts de la chambre criminelle Criminel Cour de Cassation Crim. N. 295
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Origine de la décision
Formation : Chambre criminelle
Date de la décision : 20/12/1966
Date de l'import : 14/10/2011

Fonds documentaire ?: Legifrance


Numérotation
Numéro d'arrêt : 65-92586
Numéro NOR : JURITEXT000007059390 ?
Numéro d'affaire : 65-92586
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.cassation;arret;1966-12-20;65.92586 ?
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