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19/10/1965 | FRANCE | N°65-90230

§ | France, Cour de cassation, Chambre criminelle, 19 octobre 1965, 65-90230


REJET DU POURVOI FORME PAR X... (ROBERT), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS, EN DATE DU 27 NOVEMBRE 1964, QUI A REFUSE DE LE FAIRE BENEFICIER DE L'APPLICATION DE L'AMNISTIE DU 31 JUILLET 1959, A L'OCCASION D'UNE CONDAMNATION PORTANT REVOCATION D'UN SURSIS PRECEDEMMENT ACCORDE A L'EXECUTION D'UNE PEINE. LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT A L'APPUI DU POURVOI ;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 6 ET 17 DE LA LOI DU 31 JUILLET 1959, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'AR

RET ATTAQUE A DIT NON AMNISTIEE PAR LES DISPOSITIONS ...

REJET DU POURVOI FORME PAR X... (ROBERT), CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE PARIS, EN DATE DU 27 NOVEMBRE 1964, QUI A REFUSE DE LE FAIRE BENEFICIER DE L'APPLICATION DE L'AMNISTIE DU 31 JUILLET 1959, A L'OCCASION D'UNE CONDAMNATION PORTANT REVOCATION D'UN SURSIS PRECEDEMMENT ACCORDE A L'EXECUTION D'UNE PEINE. LA COUR, VU LE MEMOIRE PRODUIT A L'APPUI DU POURVOI ;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 6 ET 17 DE LA LOI DU 31 JUILLET 1959, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE, 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A DIT NON AMNISTIEE PAR LES DISPOSITIONS DE LA LOI DU 31 JUILLET 1959 LA CONDAMNATION PRONONCEE LE 4 JUILLET 1957 PAR LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE LA SEINE A SIX MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS ET A 30000 ANCIENS FRANCS D'AMENDE POUR VOLS ;

AU MOTIF QUE LE PAYEMENT DE L'AMENDE CONSTITUE UNE CONDITION ESSENTIELLE DE L'AMNISTIE, JUSQU'A LA REALISATION DE LAQUELLE LA CONDAMNATION CONTINUE A EXISTER ET A PRODUIRE SES CONSEQUENCES, QUE LA CONDAMNATION DU 5 OCTOBRE 1963 A DONC VALABLEMENT REVOQUE LE SURSIS DONT LE JUGEMENT DU 4 JUILLET 1957 AVAIT FAIT BENEFICIER X... POUR LA PEINE D'EMPRISONNEMENT DE SIX MOIS ET QUE, PAR SUITE, LA CONDAMNATION PRONONCEE PAR CETTE DECISION NE REMPLISSAIT PAS, AU JOUR DU PAYEMENT DE L'AMENDE, LES CONDITIONS EXIGEES PAR L'ARTICLE 6 DE LA LOI DU 31 JUILLET 1959 ;

ALORS QUE LA NATURE DE LA PEINE RESULTE DU JUGEMENT QUI LA PRONONCE, QUE L'ARRET ATTAQUE A AJOUTE A LA LOI D'AMNISTIE UNE CONDITION QU'ELLE NE PREVOIT PAS ET QUE LA REALISATION DE LA CONDITION SUSPENSIVE DU PAYEMENT DE L'AMENDE NE SAURAIT MODIFIER NI LE JUGEMENT QUI AVAIT PRONONCE LA CONDAMNATION AMNISTIEE, NI LES EFFETS DE LA LOI D'AMNISTIE ;

ATTENDU QUE POUR REJETER LA REQUETE PAR LAQUELLE X... SOLLICITAIT, EN VERTU DES ARTICLES 6 ET 17 DE LA LOI DU 31 JUILLET 1959, LE BENEFICE DE L'AMNISTIE RELATIVEMENT A UNE CONDAMNATION DEFINITIVE A IX MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS ET 30000 FRANCS D'AMENDE POUR VOLS, PRONONCEE LE 4 JUILLET 1957, L'ARRET ATTAQUE ENONCE QUE LE DEMANDEUR S'EST ACQUITTE DE L'AMENDE LE 2 JUIN 1964, POSTERIEUREMENT A LA DATE A LAQUELLE ETAIT PASSEE EN FORCE DE CHOSE JUGEE UNE CONDAMNATION DU CHEF D'EMISSION DE CHEQUES SANS PROVISION A UN MOIS DE PRISON ET 100 FRANCS D'AMENDE, ENCOURUE LE 5 OCTOBRE 1963 ET AYANT EU POUR EFFET DE REVOQUER LE SURSIS ;

ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS ET ABSTRACTION FAITE DE TOUT MOTIF SURABONDANT, FUT-IL ERRONE, LA COUR D'APPEL A LEGALEMENT JUSTIFIE SA DECISION ;

ATTENDU, EN EFFET, QU'AUX TERMES DE L'ARTICLE 17, ALINEA 2, DE LA LOI DU 31 JUILLET 1959 SUSVISE, DONT LES DISPOSITIONS DOIVENT ETRE INTERPRETEES RESTRICTIVEMENT, L'AMNISTIE N'EST ACQUISE QU'APRES LE PAYEMENT DE L'AMENDE ET QU'EN L'ESPECE CE PAYEMENT EST INTERVENU, ALORS QUE LE DEMANDEUR NE REMPLISSAIT PLUS, PAR SUITE DE LA REVOCATION DU SURSIS, LES CONDITIONS EXIGEES PAR L'ARTICLE 6, B, DE LA LOI D'AMNISTIE PRECITEE ;

QU'AINSI LE MOYEN DOIT ETRE ECARTE ;

ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;

REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M FIROL, CONSEILLER DOYEN FAISANT FONCTIONS - RAPPORTEUR : M ROLLAND - AVOCAT GENERAL : M BARC - AVOCAT : M MAYER


Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Criminelle

Analyses

AMNISTIE - Loi du 31 juillet 1959 - Amnistie de droit - Amnistie à raison de la peine - Peine d'emprisonnement avec sursis assortie d'une amende - Révocation du sursis avant le payement de l'amende - Portée.

AMNISTIE - Loi du 31 juillet 1959 - Effets - Action publique - Extinction - Infraction punie d'amende - Payement préalable - Délai - Peine d'emprisonnement avec sursis assortie d'une amende - Révocation du sursis avant payement.

Aux termes de l'article 17, paragraphe 2 de la loi du 31 juillet 1959 dont les dispositions doivent être interprétées restrictivement, l'amnistie n'est "acquise" qu'après le payement de l'amende à laquelle le bénéficiaire éventuel a été définitivement condamné. Dès lors, le demandeur, condamné une première fois à une peine d'emprisonnement avec sursis et à une amende et une seconde fois à une peine d'emprisonnement qui révoque le sursis accordé, ne saurait par un payement ultérieur et tardif de l'amende bénéficier rétroactivement de l'amnistie pour la première condamnation (1).


Références
LOI 1959-07-31 ART. 17 PAR. 2
Décision attaquée : DECISION (type)


Publications
Proposition de citation: Cass. Crim., 19 octobre 1965, pourvoi n°65-90230, Bull. crim. N. 201
Publié au bulletin des arrêts de la chambre criminelle N. 201
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Origine de la décision
Formation : Chambre criminelle
Date de la décision : 19/10/1965
Date de l'import : 14/10/2011

Fonds documentaire ?: Legifrance


Numérotation
Numéro d'arrêt : 65-90230
Numéro NOR : JURITEXT000007055641 ?
Numéro d'affaire : 65-90230
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.cassation;arret;1965-10-19;65.90230 ?
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