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26/07/1965 | FRANCE | N°64-93410

France | France, Cour de cassation, Chambre criminelle, 26 juillet 1965, 64-93410


REJET DU POURVOI FORME PAR LA DAME X... DU Y..., NEE Z..., CONTRE UN ARRET DU 27 OCTOBRE 1964 DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN QUI, POUR INFRACTIONS AUX REGLEMENTS PRIS POUR L'APPLICATION DE L'ARTICLE 37, 5° DE L'ORDONNANCE N° 45-1483 DU 30 JUIN 1945, L'A CONDAMNEE A CINQUANTE-HUIT AMENDES DE 5 FRANCS. LA COUR, VU LE MEMOIRE ;

SUR LE
PREMIER MOYEN DE CASSATION :
PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 37 PARAGRAPHE 5 DE L'ORDONNANCE N° 45-1483 DU 30 JUIN 1945, DE L'ARTICLE R 26, 15° DU CODE PENAL, DES ARRETES MINISTERIELS DU 8 JUILLET 1955, AINSI QUE DES ARTICLES 591 ET SUIVANTS DU CODE DE PROCE

DURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, E...

REJET DU POURVOI FORME PAR LA DAME X... DU Y..., NEE Z..., CONTRE UN ARRET DU 27 OCTOBRE 1964 DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN QUI, POUR INFRACTIONS AUX REGLEMENTS PRIS POUR L'APPLICATION DE L'ARTICLE 37, 5° DE L'ORDONNANCE N° 45-1483 DU 30 JUIN 1945, L'A CONDAMNEE A CINQUANTE-HUIT AMENDES DE 5 FRANCS. LA COUR, VU LE MEMOIRE ;

SUR LE

PREMIER MOYEN DE CASSATION :
PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 37 PARAGRAPHE 5 DE L'ORDONNANCE N° 45-1483 DU 30 JUIN 1945, DE L'ARTICLE R 26, 15° DU CODE PENAL, DES ARRETES MINISTERIELS DU 8 JUILLET 1955, AINSI QUE DES ARTICLES 591 ET SUIVANTS DU CODE DE PROCEDURE PENALE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, CONFIRMANT LA DECISION DU PREMIER JUGE, A DECLARE DAME X... DU Y... COUPABLE DE CONTRAVENTIONS A LA REGLEMENTATION DES VENTES A CREDIT POUR N'AVOIR PAS EXIGE DE SES ACHETEURS LE PAYEMENT PREALABLE DE 20 % DU PRIX DE VENTE, UNE LOCATION PREALABLE POUR UN LOYER EGAL A CES 20 % NE POUVANT EN TENIR LIEU, QU'EN EFFET, DES LE PREMIER CONTACT ENTRE LE VENDEUR ET L'ACHETEUR, LA VOLONTE DES PARTIES ETAIT DE REALISER EN DEUX TEMPS UNE SEULE OPERATION COMMERCIALE DE VENTE A CREDIT ;

ALORS QU'IL RESULTAIT DES PROPRES CONSTATATIONS DES JUGES QUE DAME X... DU Y... REMETTAIT EN DEPOT A SES CLIENTS, POUR UNE DUREE DE TROIS MOIS, DES TELEVISEURS QU'ELLE AVAIT L'OBLIGATION DE REPRENDRE, SI L'AUTRE PARTIE LE DESIRAIT ET DONT ELLE DEVAIT GARANTIE PENDANT TOUTE LA DUREE STIPULEE, AUCUNE PROMESSE DE VENTE OU D'ACHAT N'ETANT ADJOINTE A CETTE CONVENTION ;

QU'A L'EXPIRATION DU DELAI, CHACUNE DES PARTIES REPRENAIT DONC SA LIBERTE ;

ET ALORS QUE SI, A CE MOMENT, UNE CONVENTION DE VENTE A CREDIT INTERVENAIT A SON TOUR C'ETAIT SEULEMENT APRES REGLEMENT DE 20 % DU PRIX SUR LE MONTANT DUQUEL LES PARTIES ETAIENT LIBRES D'IMPUTER LES SOMMES QUE LE CLIENT AVAIT VOLONTAIREMENT VERSEES (OU NON) AU MONNAYEUR PENDANT LA PERIODE D'ESSAI DE TROIS MOIS, AU COURS DE LAQUELLE LE CLIENT N'ETAIT NULLEMENT TENU D'UTILISER L'APPAREIL NI, PAR CONSEQUENT DE PAYER UN LOYER SUPPLEMENTAIRE ;

ATTENDU QU'IL APPERT DES CONSTATATIONS DE LA COUR D'APPEL ET DU JUGEMENT DONT L'ARRET ATTAQUE ADOPTE LES MOTIFS QUE, POUR ELUDER LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 37, 5° DE L'ORDONNANCE N° 45-1483 DU 30 JUIN 1945 ET DES ARRETES MINISTERIELS N° 23092 ET 23093 DU 8 JUILLET 1955, EN VERTU DESQUELS, EN CAS DE VENTE A CREDIT D'APPAREILS DE TELEVISION, L'ACHETEUR DOIT PAYER COMPTANT 20 % DU PRIX DE L'APPAREIL, OBLIGATION SANCTIONNEE PAR LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE R 26, 15° DU CODE PENAL, LA DEMANDERESSE A REMIS A CINQUANTE-HUIT ACHETEURS UN POSTE DE TELEVISION MUNI D'UN MONNAYEUR ;

QUE SI AU BOUT DE TROIS MOIS, CE MONNAYEUR CONTENAIT UNE SOMME CORRESPONDANT A 20 % DU PRIX DE L'APPAREIL, LA DEMANDERESSE ETABLISSAIT LA DEMANDE DE CREDIT POUR LE SOLDE AUPRES DES ORGANISMES SPECIALISES ;

QUE LE RECU DU DEPOT SIGNE PAR LE CLIENT AU MOMENT OU L'APPAREIL LUI ETAIT REMIS, PORTAIT LA MENTION : RECONNAIT AVOIR RECU CE JOUR EN LOCATION-VENTE ;

ATTENDU QU'EN L'ETAT DE CES CONSTATATIONS, LES JUGES DU FOND ONT A BON DROIT ESTIME QUE DES LE PREMIER CONTACT ENTRE LE VENDEUR ET L'ACHETEUR LA VOLONTE DES PARTIES ETAIT DE REALISER EN DEUX TEMPS UNE SEULE ET UNIQUE OPERATION COMMERCIALE DE VENTE A CREDIT, ET QU'AINSI LA DEMANDERESSE S'ETAIT RENDUE COUPABLE DES INFRACTIONS QUI LUI ETAIENT REPROCHEES ;

QU'EN EFFET, LE VENDEUR, EN REMETTANT A L'ACHETEUR UN APPAREIL SANS EXIGER AUCUN PAYEMENT IMMEDIAT, CONSENTAIT EN FAIT PERSONNELLEMENT A SON CLIENT UN CREDIT DE TROIS MOIS, CE QUE LES REGLEMENTS PRECITES ONT PRECISEMENT EXPRESSEMENT INTERDIT EN CE QUI CONCERNE L'ACOMPTE IMMEDIATEMENT EXIGIBLE ;

QU'IL N'IMPORTE QUE L'OPERATION COMMERCIALE AINSI REALISEE AIT COMPORTE UNE POSSIBILITE DE RESILIATION AU GRE DE L'ACHETEUR A L'EXPIRATION DU DELAI DE TROIS MOIS ;

D'OU IL SUIT QUE LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;

SUR LE

DEUXIEME MOYEN DE CASSATION :
PRIS DE LA VIOLATION DE L'ARTICLE 9 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET DES ARTICLES 591 ET SUIVANTS DU MEME CODE, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE A CONDAMNE DAME X... DU Y... AU PAYEMENT D'AMENDES AFFERENTES A CINQUANTE-HUIT CONTRAVENTIONS DE MEME NATURE COMMISES A DES DATES DIFFERENTES, EN SE FONDANT SUR UN SEUL PROCES-VERBAL ETABLI A L'ORIGINE DES POURSUITES LE 28 JUIN 1963 ;

SANS VERIFIER, ALORS QUE DAME X... DU Y... AVAIT DEMANDE A LA COUR D'APPEL DE LE FAIRE, SI L'ACTION PUBLIQUE N'ETAIT PAS ETEINTE PAR LA PRESCRIPTION ANNALE AU REGARD DE LA PLUPART DE CES CONTRAVENTIONS ;

ATTENDU QUE LES JUGES DU FOND ENONCENT QUE LES CINQUANTE-HUIT VENTES IRREGULIERES ONT EU LIEU DEPUIS LE 28 JUIN 1962, ET ONT ETE CONSTATEES PAR UN PREMIER PROCES-VERBAL DU 26 JUIN 1963 QUI A INTERROMPU LA PRESCRIPTION ;

QUE LA LISTE DES VENTES DEPUIS LE 28 JUIN 1962 A ETE PRODUITE PAR LA PREVENUE ELLE-MEME ;

QU'AINSI LE MOYEN N'EST PAS FONDE ;

ET ATTENDU QUE L'ARRET ATTAQUE EST REGULIER EN LA FORME ;

REJETTE LE POURVOI. PRESIDENT : M ZAMBEAUX - RAPPORTEUR : M COSTA - AVOCAT GENERAL : M BOUCHERON - AVOCAT : M GIFFARD.


Sens de l'arrêt : Rejet
Type d'affaire : Criminelle

Analyses

REGLEMENTATION ECONOMIQUE - Vente à crédit - Définition - Appareil de télévision - Vendeur n'exigeant pas le payement immédiat de l'acompte - Appareil pourvu d'un "monnayeur".

VENTE - Vente à crédit - Appareil de télévision - Vendeur n'exigeant pas le payement immédiat de l'acompte - Appareil pourvu d'un "monnayeur" - Infraction.

Le vendeur d'appareils de télévision qui munit ces appareils d'un "monnayeur" dans lequel l'acheteur doit en trois mois introduire le montant de l'acompte qui serait exigible dès l'achat, fait en réalité crédit à son client, pendant trois mois, du montant de cet acompte, et commet ainsi une infraction aux règlements ministériels relatifs à la vente à crédit (1).


Références :

Décision attaquée : DECISION (type)


Publications
Proposition de citation: Cass. Crim., 26 jui. 1965, pourvoi n°64-93410, Bull. crim. N. 190
Publié au bulletin des arrêts de la chambre criminelle N. 190
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Origine de la décision
Formation : Chambre criminelle
Date de la décision : 26/07/1965
Date de l'import : 14/10/2011

Fonds documentaire ?: Legifrance


Numérotation
Numéro d'arrêt : 64-93410
Numéro NOR : JURITEXT000007055449 ?
Numéro d'affaire : 64-93410
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.cassation;arret;1965-07-26;64.93410 ?
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