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01/04/2011 | MADAGASCAR | N°93/02-CO

Madagascar | Madagascar, Cour de cassation, 01 avril 2011, 93/02-CO


Texte (pseudonymisé)
1°" avril 2011 N° 93/02-CO
Mise en valeur (oui) - Prescription acquisitive (non) - propriétaire négligent (oui) - force du titre de propriété
COUR DE CASSATION
chambre civile, commerciale et sociale
Association cultuelle assemblée de Dieu
« La locataire, devenue la seule à mettre en valeur durant le délai requis et remplissant ainsi les conditions nécessaires pour obtenir la prescription, ne saurait prescrire car elle possède pour autrui. »
LA COUR [extrait]
Après en avoir délibéré conformément à la l

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Statuant sur le pourvoi de Aa Ac représentant de l'Association cultuelle Assemblée...

1°" avril 2011 N° 93/02-CO
Mise en valeur (oui) - Prescription acquisitive (non) - propriétaire négligent (oui) - force du titre de propriété
COUR DE CASSATION
chambre civile, commerciale et sociale
Association cultuelle assemblée de Dieu
« La locataire, devenue la seule à mettre en valeur durant le délai requis et remplissant ainsi les conditions nécessaires pour obtenir la prescription, ne saurait prescrire car elle possède pour autrui. »
LA COUR [extrait]
Après en avoir délibéré conformément à la loi :
Statuant sur le pourvoi de Aa Ac représentant de l'Association cultuelle Assemblée de Dieu section Ab, demeurant au lot 2084.10 parcage d'Ambilobe-Antsiranana (…), contre l'arrêt n° 320 du 27/06/2001 de la chambre civile de la cour d'appel de Mahajanga, rendu dans le litige l'opposant aux consorts Rosiers, représentés par RANDRIANTSANGAMBELONA Benoît ;
Vu le mémoire en demande :
Sur le premier moyen de cassation tiré des art. 5 et 44 de la loi n° 61.013 du 19/07/61, pris de la violation des art. 393 et suiv. du code de procédure civile, pour manque de base légale, fausse application de la loi, en ce que la cour d'appel pour asseoir sa décision n’a pas infirmé le jugement n° 1520 du 03/11/1999 qui a ordonné la rétractation du jugement 1024 du 26/08/1998 qui a reconnu la prescription acquisitive en faveur de Association cultuelle assemblée de Dieu, alors que le jugement querellé n'est pas une décision rendue par défaut mais contradictoirement ;
Que la validation d’une telle opposition constitue une violation flagrante de la loi ; et que A Ad n'est pas partie à la procédure ayant abouti au jugement n° 1024 du 26/08/1998 ;
Attendu qu'il est constant, ainsi qu'il ressort des éléments du dossier que RANDRIANTSANGAMBELONA Benoit représente les propriétaires du terrain litigieux, les consorts Rosiers ; et que le jugement n° 1520 du 03/11/1999 a déclaré l'opposition de RANDRIANTSANGAMBELONA Benoit fondé et la tierce opposition des consorts Rosiers irrecevable et rétracté le jugement n° 1024 du 26/08/1998, tandis que l'arrêt attaqué a rétracté ledit jugement sur la base de la tierce opposition ;
Attendu que la cour d'appel, implicitement mais nécessairement a infirmé les dispositions relatives à l'opposition de RANDRIANTSANGAMBELONA Benoit - à l'exception de celle se rapportant au sort de la propriété qui demeure celle des consorts Rosiers, héritiers de veuve Lespagne, et a justement conclu que la prescription acquisitive ne peut aboutir du fait que la prescrivante est la locataire des lieux ;
Attendu dès lors que le moyen ne peut prospérer et doit être écarté ;
Sur le deuxième moyen de cassation tiré des art. 5 et 44 de loi n° 61.013 du 19/07/61, pris de la violation des art. 434 et suiv. du code de procédure civile en ce que la cour d'appel a déclaré recevable la tierce des héritiers Rosiers malgré le défaut de quittance alors que la non-production de la quittance prescrite par l'art. 435 du code de procédure civile doit être sanctionnée par l'irecevabilité ;
Attendu que pour déclarer recevable la tierce opposition, l'arrêt attaqué énonce qu'« il n'est pas contesté que les consorts Rosiers ont versé au greffe la somme de 45000 fmg dont 5000 fmg à titre de consignation de l'amende civile ; que le greffe a cumulé en une seule quittance la provision et l'amende civile ; qu’une quittance est délivrée pour justifier le payement ; que la faute du greffier -celle de ne pas délivrer une quittance indépendante pour l'amende civile n'est pas imputable aux tiers opposants » ;
Attendu qu’en l'Etat de ces énonciations les juges du fond ont apprécié souverainement les pièces du dossier ;
Que le moyen, remettant en cause cette appréciation souveraine doit être rejeté ;
Sur les troisième et quatrième moyens de cassation réunis, tirés des art. 5 et 44 de la loi n° 61.013 du 19/07/61, pris de la violation de l'art. 82 de l'ordonnance foncière 60.146 du 03/10/60 pour manque de base légale, fausse application de la loi, excès de pouvoir en ce que la cour d'appel a refusé la prescription acquisitive en faveur de l'association cultuelle assemblée de Dieu car elle était locataire alors que dès le départ du propriétaire, la locataire est devenue la seule à mettre en valeur l'immeuble durant le délai requis et a rempli les conditions nécessaires pour obtenir la prescription (troisième moyen)
En ce que la cour, pour asseoir sa décision s'est référée sur le certificat de situation juridique versé postérieurement au dossier dans lequel les héritiers Rosiers y figurent suivant mutation après décès alors que l'immeuble a été abandonné depuis 20 ans et plus,
Que les héritiers n'ont rien fait mais que la locataire a pris les initiatives nécessaires pour la mise en valeur de l'immeuble (quatrième moyen)
Attendu qu'il est incontesté que la demanderesse au pourvoi -prescrivante- a occupé les lieux convoités depuis 1975 et en qualité de locataire ;
Attendu ainsi que possédant pour autrui elle ne saurait prescrire ;
Que c'est à juste titre que l'arrêt attaqué a déclaré non réunies les conditions requises pour la prescription acquisitive ;
Que les moyens ne peuvent prospérer et doivent être rejetés ;
PAR CES MOTIFS
REJETTE le pourvoi (…)
- RAKETAMANGA Odette (présidente),
- RAJAONA Andriamanankandrianina (rapporteur),
- RANDRIAMAMPIONONA Elise,
- RATOVONELINJAFY Bakoly,
- RAHARISOASEHENO INjaikarivony (conseillers),
- TSIMANDRATRA ANDRIAKAMELO (avocat général),
- RABARISON ANDRIANARILALA Sylvain José (greffier)



Références :

Origine de la décision
Date de la décision : 01/04/2011
Date de l'import : 17/10/2022

Numérotation
Numéro d'arrêt : 93/02-CO
Identifiant URN:LEX : urn:lex;mg;cour.cassation;arret;2011-04-01;93.02.co ?
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