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13/06/1968 | FRANCE | N°67-93349

§ | France, Cour de cassation, Chambre criminelle, 13 juin 1968, 67-93349


CASSATION PARTIELLE SUR LE POURVOI DE LA SOCIETE ANONYME TECHNIQUE D'ETUDES ET DE COORDINATION DE LA CONSTRUCTION (STECC) CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN, DU 23 OCTOBRE 1967, QUI, APRES AVOIR RELAXE DUMONT POURSUIVI DU CHEF D'ESCROQUERIE, A DECLARE LADITE SOCIETE PARTIE CIVILE, MAL FONDEE EN SON ACTION LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 405 DU CODE PENAL, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, APRES AVOIR CONSTAT

E QUE LE PREVENU AVAIT EMPLOYE DES MANOEUVRES FRAUDUL...

CASSATION PARTIELLE SUR LE POURVOI DE LA SOCIETE ANONYME TECHNIQUE D'ETUDES ET DE COORDINATION DE LA CONSTRUCTION (STECC) CONTRE UN ARRET DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN, DU 23 OCTOBRE 1967, QUI, APRES AVOIR RELAXE DUMONT POURSUIVI DU CHEF D'ESCROQUERIE, A DECLARE LADITE SOCIETE PARTIE CIVILE, MAL FONDEE EN SON ACTION LA COUR, VU LES MEMOIRES PRODUITS;

SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 405 DU CODE PENAL, 593 DU CODE DE PROCEDURE PENALE ET 7 DE LA LOI DU 20 AVRIL 1810, DEFAUT DE MOTIFS ET MANQUE DE BASE LEGALE, "EN CE QUE L'ARRET ATTAQUE, APRES AVOIR CONSTATE QUE LE PREVENU AVAIT EMPLOYE DES MANOEUVRES FRAUDULEUSES POUR SE FAIRE REMBOURSER, AU TITRE D'UNE LOCATION IMAGINAIRE PRETENDUMENT CONCLUE POUR LE COMPTE DE LA PARTIE CIVILE, LE PRIX D'UNE MACHINE A CALCULER QU'IL AVAIT ACHETEE EN SON PROPRE NOM, L'A NEANMOINS ACQUITTE DU CHEF D'ESCROQUERIE AU MOTIF QUE DES SON LICENCIEMENT IL AVAIT DEMANDE AUX FOURNISSEURS DE LA MACHINE D'EN REGULARISER LA VENTE AU NOM DE LA PARTIE CIVILE, DE SORTE QUE SON INTENTION DE S'APPROPRIER LA MACHINE N'ETAIT PAS EVIDENTE ET QU'IL ETAIT PLAUSIBLE QU'IL AIT VOULU SE PROCURER UN INSTRUMENT DE TRAVAIL QUI LUI ETAIT NECESSAIRE, ALORS QUE LE MOBILE QUI A INSPIRE LE PREVENU N'ENTRE PAS EN LIGNE DE COMPTE, QUE L'APPROPRIATION DE LA CHOSE ESCROQUEE N'EST PAS UN ELEMENT DU DELIT, QUE L'ESCROQUERIE PORTAIT NON PAS SUR LA MACHINE MAIS SUR LE PRIX DE LA LOCATION ET QU'ELLE ETAIT CONSOMMEE DES LE JOUR DE LA REMISE DES FONDS, ANTERIEUREMENT AU LICENCIEMENT;

D'OU IL SUIT QUE TOUS LES ELEMENTS MATERIELS ET MORAUX DE L'INFRACTION RESULTENT DES FAITS CONSTATES ET QUE LA COUR NE POUVAIT ACQUITTER LE PREVENU SANS SE METTRE EN CONTRADICTION AVEC CES FAITS ET AVEC LE CARACTERE LEGAL QUI LEUR APPARTIENT";

VU LESDITS ARTICLES;

ATTENDU QUE L'AFFIRMATION PAR LES JUGES DU FOND DE LA BONNE FOI DU PREVENU N'EST SOUVERAINE QUE SI ELLE NE SE TROUVE PAS EN CONTRADICTION AVEC LE CARACTERE LEGAL DES FAITS PAR EUX CONSTATES;

ATTENDU QU'IL APPERT DE L'ARRET ATTAQUE QUE DUMONT, AGENT A ROUEN DE LA STECC, AYANT ACHETE POUR LUI, A L'INSU DE CELLE-CI, UNE MACHINE A CALCULER, EN A REGLE LE PRIX DE 1690 FRANCS A LA MAISON BURROUGHS PAR UN VERSEMENT EN ESPECES DE 1074,84 FRANCS ET PAR DEUX CHEQUES DE 615,16 FRANCS, QU'IL A OBTENUS DE SON ENTREPRISE EN LA PERSUADANT QUE CETTE SOMME DEVAIT SERVIR A REGLER LA LOCATION D'UNE MACHINE QU'IL UTILISAIT DANS SON SERVICE ET DONT EN REALITE IL DISPOSAIT GRATUITEMENT;

QU'IL A D'AUTRE PART, AFIN DE LA REMBOURSER, FAIT CROIRE A LA DIRECTION DE LA STECC, QU'IL AVAIT GARDE EN LOCATION LADITE MACHINE, LUI A ADRESSE, A CETTE FIN, COMME IL L'AVAIT FAIT POUR LE CHEQUE, DE FAUSSES FACTURES PROFORMA, ETABLIES A SA DEMANDE PAR LE REPRESENTANT DE LA SOCIETE BURROUGHS, ET EST AINSI PARVENU A S'APPROPRIER, EN UN AN, UNE SOMME DE 1054,56 FRANCS;

ATTENDU QU'IL RESSORT DE CES CONSTATATIONS QUE C'EST PAR LA PRODUCTION DE FACTURES FICTIVES EMANANT D'UN TIERS ET DESTINEES A PERSUADER LA STECC DE L'EXISTENCE D'UNE LOCATION IMAGINAIRE, C'EST-A-DIRE EN USANT DE MANOEUVRES FRAUDULEUSES AU SENS DE L'ARTICLE 405 DU CODE PENAL, QUE DUMONT A DETERMINE CETTE ENTREPRISE A VERSER DES FONDS QU'ELLE NE DEVAIT PAS;

ATTENDU QU'AYANT AINSI RELEVE TOUS LES ELEMENTS TANT MATERIELS QU'INTENTIONNELS DE L'INFRACTION POURSUIVIE, LES JUGES DE FOND NE POUVAIENT, SANS CONTRADICTION, RELAXER LE PREVENU AU MOTIF QU'AYANT ULTERIEUREMENT RAPPORTE LA MACHINE A LA MAISON BURROUGHS POUR LUI FAIRE "REGULARISER LA VENTE AU NOM DE LA STECC SON INTENTION DE S'APPROPRIER LADITE MACHINE N'ETAIT PAS EVIDENTE", LE DEFAUT D'APPROPRIATION, A LE SUPPOSER ETABLI EN L'ESPECE, ETANT, AU SURPLUS, SANS INCIDENCE SUR LA CONSTITUTION DU DELIT D'ESCROQUERIE;

D'OU IL SUIT QUE LA CASSATION EST ENCOURUE;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET DE LA COUR D'APPEL DE ROUEN DU 23 OCTOBRE 1967, MAIS, A DEFAUT DE POURVOI DU MINISTERE PUBLIC, SEULEMENT EN CE QUE LEDIT ARRET A STATUE SUR L'ACTION DE LA PARTIE CIVILE, ET POUR ETRE STATUE A NOUVEAU, CONFORMEMENT A LA LOI ET DANS LES LIMITES DE LA CASSATION AINSI PRONONCEE, RENVOIE LA CAUSE ET LES PARTIES DEVANT LA COUR D'APPEL DE CAEN PRESIDENT : M COMTE - RAPPORTEUR : M MILLE - AVOCAT GENERAL : M TOUREN - AVOCATS : MM DESACHE ET CAIL


Sens de l'arrêt : Cassation partielle
Type d'affaire : Criminelle

Analyses

ESCROQUERIE - Profit pour le prévenu - Nécessité (non).

Une Cour d'appel ne peut, sans contradiction, après avoir relevé les éléments constitutifs du délit d'escroquerie poursuivi, relaxer le prévenu au motif qu'il n'a pas eu l'intention de s'approprier l'objet qu'il s'est ainsi procuré, l'article 405 du Code pénal n'exigeant pas, comme condition de son application, que les valeurs escroquées aient tourné au profit de l'auteur du délit (1).


Références
Code pénal 405
Décision attaquée : DECISION (type)


Publications
Proposition de citation: Cass. Crim., 13 juin 1968, pourvoi n°67-93349, Bull. crim. N. 195
Publié au bulletin des arrêts de la chambre criminelle N. 195
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Origine de la décision
Formation : Chambre criminelle
Date de la décision : 13/06/1968
Date de l'import : 14/10/2011

Fonds documentaire ?: Legifrance


Numérotation
Numéro d'arrêt : 67-93349
Numéro NOR : JURITEXT000007059185 ?
Numéro d'affaire : 67-93349
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.cassation;arret;1968-06-13;67.93349 ?
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